< 

Jeannot et Margot


Tout le monde connaît la mésaventure des deux enfants abandonnés dans la forêt profonde et la maison de biscôme. Grâce à leur détermination et bravoure, ils réussiront à venir à bout de tous les dangers qui les guettent et finiront par rentrer à la maison.

Ce conte traditionnel est d’une grande actualité : ne traite-t-il pas de la pauvreté et de ses conséquences ? Il faut alors surmonter les difficultés, faire preuve de patience et résister à l’adversité avec intelligence et courage pour trouver une vie plus juste.
Ce message s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes qui les accompagnent.

   

Les moyens pour ce spectacle sont simples : deux valises, quelques bâtons et des toiles créent des espaces de jeu qui sont recomposés pour chaque scène, habités par des marionnettes de tailles et techniques différentes. L’accent est mis sur les ambiances très contrastées de ce conte, mais plutôt par la suggestion, que par une réalité trop insistante. Les éclairages ne jouent qu’un rôle mineur, mais des effets pyrotechniques donneront une touche spéciale au spectacle. Les dialogues, la musique et les bruitages sont en direct.



Jeu : CROQU’GUIGNOLS Vérène Correa et Catherine de Torrenté
Marionnettistes, membres professionnels d’UNIMA Suisse (Association pour
le Théâtre de Marionnettes) et UNIMA (Union internationale de la Marionnette)
Vérène Correa, Nord 47, 2300 La Chaux-de-Fonds, tél 032 968 54 73
Catherine de Torrenté, Pouillerel 9d, 2300 La Chaux-de-Fonds, tél/fax 032 913 26 71
e-mail croquguignols@bluewin.ch

Coup d’œil, coup de pouce, coup de pied : Kurt Fröhlich, marionnettiste professionnel,
Compagnie « Fährbetrieb » de Herisau
Décors, marionnettes et affiche : Catherine de Torrenté
Texte : Vérène Correa


Fiche technique
Public : enfants dès 4 ans et adultes
Durée : 40’
Scène : 5m de large, min. 2m50 de haut et 3m de profond
prise de 220 V, possibilité d’obscurcir la salle
Montage : 1h30
Démontage : 30’
 


 

L’Impartial, 13 décembre 2004

Croqu’Guignols jouera à Cuba

La Chaux-de-Fonds : "Jeannot et Margot" a été présenté en création à l’ABC. Le spectacle est invité à La Havane.

"Margot, fais bien manger ton frère, gave-le ! Et quand il sera bien dodu et grassouillet, je le mangerai ! Hé hé …" Les contes de fée sont autant pédagogiques qu’effrayants, comme on sait. Dans "Jeannot et Margot", présenté en création ce week-end au théâtre ABC par Croq’Guignols, c’était particulièrement évident. A partir des contes de Grimm – un peu du "Petit Poucet", un peu de "Hansel et Gretel" - Catherine de Torrenté et Vérène Correa ont joué avec un art consommé de leurs marionnettes, très évocatrices. Le papa, la maman – quelle horrible femme, encore pire que la sorcière si possible… - et les deux enfants, qui se tiennent toujours bien par la main et qui s’en sortent grâce à leur courage et leur ingéniosité. Tout cela dans des décors superbes, comme cette maison magique en biscômes apparue d’un coup sur scène, à l’émerveillement des enfants.
En sus, un humour bienvenu : la sorcière disparaît dans le "poum" d’une bombe de table. Les kids ont apprécié : "Tu as vu ? Elle a pété la sorcière !" Et quel plus grand hommage que le silence presque total de la petite classe !

"Jeannot et Margot" va tourner, explique Vérène Correa. Le théâtre – qui a l’habitude de pas mal voyager – a déjà des engagements pour l’an prochain, notamment à Fribourg en février.

Jusqu’à Cuba !
Et surtout le spectacle, en passe de traduction en espagnol, sera présenté pendant les vacances de Pâques à La Havane. Croqu’Guignols y est invité d’honneur de la 4e Triénnale de la marionnette ! Honneur pas mince. A Cuba, indique Vérène Correa, "il y a des théâtres de marionnettes dans toutes les provinces et la formation des marionnettistes est très prise au sérieux."/cld

   
 

Figura,
revue pour le théâtre de marionnettes, unima suisse, no.49
Les Croqu’Guignols jouent Jeannot et Margot


Le cheminement de deux enfants

Deux femmes, deux valises, une histoire. Vérène Correa et Catherine de Torrenté ont décidé de créer un spectacle très mobile, jouable dans le monde entier. Une contrainte s’imposait : pouvoir transporter facilement les marionnettes, décors et autres objets. Ce choix a évidemment une influence concrète sur la mise en scène ; la réduction des moyens devient essentielle.

Les Croqu’Guignols racontent le célèbre conte des Frères Grimm, l’histoire d’une famille appauvrie, qui n’a plus assez à manger pour tous. Elle parle de la mère qui pense à abandonner ses enfants dans la forêt et du père, qui ne se révolte pas contre la proposition de sa femme et participe au méfait. C’est une histoire monstrueuse, surtout si on pense aux mères qui racontent à leurs enfants de 3,4 et 5 ans comment une mère perd à dessin ses enfants dans la forêt. Quelle idée traumatisante ! Le travail de générations de psychiatres et thérapeutes semble programmé dans la chambre d’enfants. Mais la deuxième tentative d’abandonner les enfants dans la forêt réussit. Suivent alors les différentes étapes : le chemin qui les amène vers la sorcière, conduits par l’oiseau d’un blanc séducteur, l’aventure et le gavage chez la sorcière et enfin la libération. Dieu merci, tout rentre dans l’ordre, les enfants retrouvent la maison, la méchante mère meurt entre temps, elle est donc éliminée du tableau, et le faible père continue la vie familiale avec ses enfants. Et s’ils ne sont pas morts, ils vivent encore…l’histoire sera racontée à nouveau ou mise en scène au théâtre de marionnettes.

Les Croqu’Guignols reprennent ce conte, mais en réduisent les effets théâtraux de manière convaincante. Une longue réflexion a permis d’éliminer le superflu et le spectacle se concentre sur l’essentiel. Sur la scène se trouvent les deux valises, dont le contenu, posé dessus, forme le décor, transformable par quelques gestes bien ciblés : le logis familial, la forêt, la maison de la sorcière, le four. Les personnages, de différentes dimensions, traversent le paysage, parfois constitué par la cape des marionnettistes: les marionnettes passent par dessus pour atteindre le prochain lieu d’action. Egalement d’une simplicité impressionnante est la tombée de la nuit avec un lever de lune sur la toile de fond. Une scène se termine, une autre commence. Et à la fin, le public a droit à un effet pyrotechnique avec l’explosion du four de la sorcière avant que tout rentre dans l’ordre.

La réduction des moyens de cette mise en scène accompagnée par Kurt Fröhlich a porté ses fruits à tous égards. Il en résulte une belle histoire racontée avec sérénité, un spectacle qui peut parcourir le monde sans problèmes. Après la première le 11 décembre 04 à La Chaux-de-Fonds et d’autres représentations à Fribourg, une version espagnole est programmée. Elle sera jouée à Neuchâtel pour Les Journées de la Marionnette Tock05 avant de participer à la 4e Triénnale de du Teatro Nacional de Guiñol à La Havane, Cuba.
Bonne chance !
Elke Krafka